On en parle

Le Monde Diplomatique

"Cultivons la terre" : Les OGM ou comment s'en passer
« Les organismes génétiquements modifiés (OGM) ou comment s'en passer » pourrait servir de sous-titre à ce documentaire précis et constructif. Spécialiste des questions scientifiques, Honorine Perino montre comment les OGM sont progressivement imposés par les grands semenciers afin de justifier l'utilisation irrationnelle de pesticides et d'engrais. Pourtant, le savoir paysan — aidé par la recherche scientifique — permettrait de mettre en place une agriculture durable et de qualité. Témoignages et analyses d'agriculteurs et de scientifiques exposent les autres solutions à notre disposition. On découvre aussi la résistance quotidienne des paysans aux pressions économiques. Seule la volonté politique fait défaut pour changer de cap, y compris au niveau européen.

Le Monde diplomatique, septembre 2008

L'Ecologiste

MOISSONS

Le blé, chez les Ronot, c'est une affaire familiale, qui va de la semence à la farine. Honorine Perino a filmé cette ferme en bio où l'on sélectionne les semences à partir de dizaines de parcelles d'expérimentation de blés anciens. Les Ronot sèment ces blés, les moissonnent et fabriquent leur farine qui est vendue aux boulangers locaux. Un bel exemple d'autonomie paysanne et de sauvegarde d'un patrimoine génétique céréalier qui se raréfie.

l'Ecologiste, n°36, jan-mars 2010, p58

L'Encyclopédie de L'Agora (Québec-Canada)

Véritable précis d'agriculture responsable.

La crise alimentaire est mondiale et les géants de l'industrie accélèrent la cadence des grandes monocultures intensives carburant au pétrole, (engrais, pesticides, machineries et transports) pourtant en partie responsable de cette crise. Véritable précis d'agriculture responsable, ce film propose des solutions de rechange qui s'imposent comme autant d'évidences. Ce film a été sélectionné pour le jury de la Rencontre international du documentaire de Montréal en novembre 2008

Cultivons la terre, documentaire français réalisé par Honorine Perino.
Titre banal d'une oeuvre à première vue platement didactique. Ce film a pourtant été sélectionné pour le jury de la rencontre internationale du film documentaire de Montréal qui eut lieu en novembre 2008. Sage décision. La réalisatrice, Honorine Périno a eu l'excellente idée de donner la vedette à des agriculteurs, en prenant soin de nous expliquer comment ils ont été, eux et leurs connaissances millénaires, exclus du dialogue entre les grandes entreprises chimiques et les experts en agriculture. On voit ensuite comment cette mise à l'écart des hommes de la terre a provoqué la dégradation de cette terre.
Le film est long, mais on apprend tant de choses intéressantes dès le début qu'on a la patience d'aller jusqu'au bout, sûr qu'on acquerra de nouvelles connaissances à chaque étape. Et c'est bien ce qui arrive. Saviez-vous que pour tirer le maximum de profits de l'engrais chimique, il faut choisir des variétés de blé qui se plaisent dans l'azote, au risque d'avoir des racines moins profondes et des tiges plus courtes ? Mais voilà le premier hic : l'azote, en surabondance, favorise les mauvaises herbes. Après avoir vendu aux paysans les engrais miraculeux, on leur a vendu des herbicides et bientôt après des fongicides, car la tige étant plus courte, les champignons atteignaient plus vite la grappe ; vinrent enfin, pour des raisons analogues, les insecticides. L'agriculteur qui raconte cette histoire, monsieur Bernard Ronot, n'est pas un inconditionnel de l'agriculture biologique. Il a raconté avec enthousiasme comment son père et lui ont été émerveillés par les rendements qu'ils ont obtenus grâce aux engrais : de 20 à 80 quintaux par hectare ! Le rêve a duré trente ans. Trente ans pendant lesquels, ni la dégradation de la terre, ni les atteintes à la santé des travailleurs n'entraient pas dans les comptes de l'exploitation. Puis un jour, précise monsieur Ronot, on nous a avertis qu'il nous faudrait désormais porter des masques et des combinaisons spéciales pour pulvériser les pesticides. Au même moment, nous constations que la terre bétonnait et que l'eau, au lieu d'y pénétrer ruisselait, emportant une partie de l'humus avec elle. Nous avons compris « qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas, » qu'il nous fallait changer de cap, dans notre intérêt comme dans ceux des consommateurs. Nous savons maintenant que notre blé à tige courte, le Vilmorin 27, se droguant à l'azote, s'il convenait parfaitement aux procédés industriels de fabrication du pain, n'avait pas une grande valeur nutritive. Nous avons pu le constater à l'écran, ce blanc de Chalon a des racines deux fois plus amples et plus profondes que la variété créée par les experts pour s'adapter à l'azote. Racine profonde, tige longue et en conséquence meilleure adaptation au climat et plus grande résistance aux champignons. Ces champignons, précise M.Ronot, devenant philosophe, profitent du déséquilibre résultant de l'apport d'azote, d'acide phosphorique et de potasse, en l'absence d'oligo-éléments. Il précise en outre que l'ammonitrate, autre composante de l'engrais joue un rôle d'explosif, qui n'a rien d'étonnant parce qu'on s'en est d'abord servi pour fabriquer des explosifs.

Un autre agriculteur nous apprend comment il en est venu à la même conclusion en tenant des comptes très rigoureux. à quoi bon produire 80 quintaux, plutôt que 50, si à la fin du processus j'ai mis mes terres, ma santé et ma joie de vivre en péril sans gagner plus d'argent. Même s'il ne nous le dit pas dans le film, le cultivateur en cause devait savoir qu'un jour prochain le coût de ses engrais et de ses pesticides suivrait à la hausse celui du pétrole.

Mais comment refuser les produits de la haute technologie quand ils permettent de protéger des récoltes entières de maïs contre la pyrale ? Le maïs BT, un OGM, contient des poisons efficaces contre la pyrale. Vous aimez la science. Nous aussi, nous disent les agriculteurs interrogés dans le film, mais surtout quand elle consiste à mieux étudier le milieu vivant. Nous apprenons ainsi qu'il existe des laboratoires haut de gamme où l'on cultive des trichogrammes, de jolis insectes inoffensifs, sauf contre la pyrale du maïs et les autres lépidoptères, dont ils mangent les oeufs. On voit dans le film un autre agriculteur, monsieur Gérard Boinon, dont le travail ce jour là consiste à faire une promenade dans son champ de maïs pour déposer, ici et là, des petites boîtes d'où s'échapperont des trichogrammes, lesquels protégeront son maïs aussi bien que les insecticides chimiques et ne lui coûtent pas plus cher. « ça me promène », dit-il en souriant.

Mais le plus heureux de tous ces agriculteurs, c'est celui qui laisse pousser des mauvaises herbes et des fleurs sauvages dans certaines zones de ses champs, avec d'excellentes raisons de penser que les insectes qui prolifèrent dans ces zones ont des effets bienfaisants sur ses cultures. Ce paysan n'est plus un simple exécutant intervenant au bout d'une chaîne planifiée par de lointains experts. Il participe lui-même à la recherche qui améliorera ses rendements. D'autres redécouvrent les joies et les avantages de la sélection participative et se rendent en Syrie pour en apprendre davantage sur le sujet.
On n'entend pas dans ce film des mots savants comme bio mimétisme ou science réparatrice. C'est là toutefois le fil conducteur : étudier le milieu vivant, avec patience et humilité, dans toute sa complexité pour pouvoir tenir compte de cette complexité quand on intervient ensuite sur ce milieu.
Le film se termine sur une note d'espoir provenant de la calme assurance avec laquelle les agriculteurs retrouvent leur pouvoir perdu.

 

L'Age de Faire

Moissons, le documentaire d'Honorine Perino, nous permet de découvrir le parcours d'une famille de paysans convertis au bio et engagés dans la conservation des blés anciens.
"On ne pouvait pas nourrir le monde en faisant mourir la terre".

"Un grain qui est mur est un grain qui casse... Il doit casser sous la dent" dit Bernard Ronot, en roulant les "r" à la façon des Bourguignons. Il joint le geste à la parole, décortique le grain, le goûte et conclut que tout n'est pas encore mûr. Bernard est dans son champ, quelque part en Côte d'Or, en juillet 2008. Les épis lui arrivent bien au dessus de la taille. Il a le visage marqué par les saisons mais il dégage une vigueur juvénile, quand il raconte ses débuts de paysans avec Renée, sa femme, sa conversion en bio et sa passion pour la conservation des variétés de blés anciens.

"ON ETAIT EN DEPENDANCE"

Issus d'une famille de paysans, Bernard et renée auraient aimé enseigner. Mais à la sortie de la guerre, en 1945, "il a fallu des bras pour travailler la terre" dit Bernard, alors ils sont restés sur la ferme. Bernard se souvient que très vite, les tracteurs ont succédé aux chevaux et "la chimie agricole est arrivée, c'est à dire l'ammonitrate, et ça a complètement changé l'agriculture".

Le paysan évoque les bons rendements de l'époque, avoue qu'il ne regrette rien mais dit-il "si on aquitté l'agriculture chimique c'est qu'on s'est rendu compte qu'on était dans une véritable dépendance avec les engrais, les pesticides et tout". A l'age de 55 ans, à quelques années de la retraite, Bernard et Renée décident de convertir la ferme en bio avant de la transmettre à leur fils. "On avait compris qu'on ne pouvait pas nourrir le monde en faisant mourir la terre" dit Bernard pour justifier ce virage.

"C'EST PEUT ETRE AUSI UN PROGRES"

Le temps des moissons est arrivé. L'imposante moissonneuse-batteuse de René Tournois s'avance dans le champ des Ronot. Il est venu donner un coup de main en voisin, car sa machine perfectionnée peut "avaler les chardons" qui ont poussé dans les blés non traités. René Tournois, en GAEC (Groupement Agricole d'Exploitation en Commun" avec son cousin, cultive 300 hectares, en culture traditionnelle avec engrais, herbicides et fongicides. "Je n'ai pas le sentiment d'empoisonner les gens" dit-il, "je n'utilise que des produits autorisés à la vente". Il s'étonne un peu du changement de cap de son voisin, si près de la retrait. René Tournois est prêt d'affirmer qu'il travaille moins qu'eux et qu'il a de meilleurs rendements, mais quand il regarde leurs champs il avoue "j'ai l'impression que c'est plus sain que nos champs qu'on traite; on ne maîtrise pas tout avec notre chimie". René Tournois réaffirme néanmoins son attachement aux variétés modernes qui "au fil des temps ont amélioré les rendements". Il pense que les Ronot, avec leurs variétés anciennes, font un pas en arrièr... Avant de conclure avec un léger sourire "C'est peut-être aussi un progrès, ce qu'ils font".

Nicole Gellot.

L'age de faire n°60, janvier 2012

Génération future

SECRETS DES CHAMPS - Le but annoncé de "Secrets des champs" est de susciter l'émerveillement du spectateur vis à vis de l'ingéniosité de la nature. Loin d'être un énième documentaire à charge contre l'agriculture industrielle, le film se place dans une démarche positive et dresse un tableau enchanteur d'une agriculture à l'écoute de la nature. Secrets des Champs offre la clé de multiples alternatives aux procédés chimiques de l'agriculture conventionnelle.

Grâce aux témoignages des nombreux protagonistes (issus du monde agricole et de la recherche scientifique) on apprend beaucoup et on se laisse à rêver à une agriculture autre : moins artificielle et qui réapprendrait à faire confiance au potentiel du vivant. Le talent d'Honorine Perino est d'ajouter à l'intelligence du propos la beauté de l'image. L'émerveillement est au rendez-vous.

 

Inf'OGM

"Cultivons la terre" : Les enjeux de l'agriculture contemporaine clairement expliqués
L'association Rés'OGM Info, en collaboration avec ADDOCS (Association pour la diffusion de documentaires scientifiques), vient de produire un DVD documentaire, "Cultivons la Terre : Pour une agriculture innovante, durable et sans OGM" qui explicite très clairement les enjeux de l'agriculture contemporaine, coincée entre course aux rendements et volonté de produire mieux... Les PGM sont-ils la réponse aux limites de l'agriculture intensive mise en place à la sortie de la guerre ? Ou nous faut-il repenser l'agriculture et les relations entre paysans et chercheurs ? En présentant les PGM actuellement sur le marché, à savoir des "PGM pesticides", ce film montre que les plantes transgéniques ne sont pas une alternative, mais renforcent au contraire les méfaits d'une vision à court terme de l'agriculture. Il défend une revalorisation des pratiques agricoles oubliées. Revalorisation car il s'agit non pas de revenir à l'agriculture de nos grands-parents, mais, à l'aide d'une recherche publique renforcée, d'améliorer ces pratiques : lutte biologique, sélection participative, analyse micro-biologique des sols, etc. L'autre dimension que ce film veut mettre en exergue est la recherche de l'autonomie. En effet, la mondialisation de l'agriculture a destructuré les exploitations ; les terroirs, transformant les fermes et les paysans en exploitants agricoles, à la merci des coopératives qui fournissent tout, semences, engrais, et qui commercialisent les récoltes. La recherche de l'autonomie est présentée à travers des expériences de polycultures élevages ou des circuits courts de commercialisation.

Inf'OGM, juillet 2008

AgroParisTech

Les étudiants saluent la pertinence du film "Moissons"
La projection de Moissons s'est très bien passée cet après-midi. Les étudiants agro saluent la pertinence du film !
La discussion s'est poursuivie, des semences anciennes... à la sécurité alimentaire.
Merci et bravo

Cellule Environnement AgroParisTech

Emission "Trous noirs" sur Radio Libertaire

http://trousnoirs-radio-libertaire.org/sons/332_18sept2017.mp3

 

Reportage sur le blog L'écume d'un jour

réalisé par Jean-François Cullafroz lors d'une projection du film "Les Agronautes" aux Haies dans le Rhône le 17 novembre 2017

http://lecumedunjour.fr/paysan-boulanger-parcours-de-deux-combattants-pour-une-installation-en-region-lyonnaise/