Qui parle de breveter le vivant ?

Résumé du film

36 minutes pour comprendre les enjeux marchands des semences modifiées

Ce documentaire met en perspective les enjeux de la réglementation agricole, grâce à la multiplicité des points de vue de ses intervenants, hommes politiques, chercheurs ou agriculteurs.

Il retrace l'évolution de la législation sur les êtres vivants, depuis la reconstruction économique de l'après-guerre, jusqu'aux derniers projets de loi.

Avec le plan Marshall, les critères d'uniformisation, de productivité et d'accession à l'autonomie alimentaire l'emportent sur la préservation de la diversité traditionnelle. Quand l'intérêt pour la sélection atteint une dimension industrielle, la notion de rentabilité prime sur celle de qualité. Tandis que la France opte pour le Certificat d'Obtention Végétale, les États-Unis marquent leur volonté d'entrer dans la logique de privatisation du vivant. Le « privilège de l'agriculteur », à savoir le droit à ressemer les graines issues de sa récolte, disparaît petit à petit au profit de l'obligation d'achat auprès de semenciers, détenteurs légaux des variétés inscrites au catalogue du GNIS, qui s'apparentent à d'immenses groupes financiers.

La tendance à inscrire l'agriculture dans un système juridique et commercial mondial  a des conséquences contestables : les semences relèvent alors du droit de propriété intellectuelle ou de celui des brevets industriels, ce que justifie la manipulation génétique. Loi du profit contre loi de la vie.

Les personnages du film "Qui parle de breveter le vivant ?"

  • Jean-Pierre Berlan

ex Chercheur de l'Institut National de Recherche Agronomique, il s'insurge contre les Ogm en démontrant la logique d'appropriation du vivant à l'origine de leur conception. Auteur de "La guerre au vivant" aux éditions Agone, 2001.

  • José Bové

Agriculteur membre de la Confédération Paysanne, il dénonce les enjeux économiques qui se cachent derrière les OGM, et les dangers qu'ils représentent. Il milite pour l'autonomie alimentaire des peuples, et l'autonomie semencière. Auteur de "Le monde n'est pas une marchandise".

  • Jean-ChristopheBreitler

Chercheur au CIRAD (Centre International de Recherche Agronomique pour le Développement), il a été victime de la destruction de ses expérimentations sur du riz transgénique par les faucheurs volontaires d'OGM.

  • Xavier Burgaud

Représentant du Groupement National de l'Interprofession Semencière (GNIS). Expert des questions de propriété intellectuelles des variétés végétales : certificat d'obtention végétale (COV), brevets, catalogue officiel des semences.

  • Raoul Jacquin-Porretaz

Agriculteur en Bresse, membre de la Confédération Paysanne, il préserve des variétés anciennes de maïs, tomates et volailles. Il intervient fréquemment en public contre les OGM.

  • Corinne Lepage

Femme politique fermement opposée aux OGM, membre fondatrice du Centre de Recherche indépendant sur le Génie Génétique (CRIIGEN).

  • Elisabeth Matthys Rochon 

Biologiste moléculaire enseignante à l'Ecole Normale Supérieure de Lyon, elle utilise les OGM en laboratoire à des fins de recherche fondamentale, et intervient souvent dans des conférences en faveur des ogm et de leurs applications en agriculture.

  • Marcel Mazoyer

Ingénieur agronome, professeur en développement agricole à l'Institut National Agronomique Paris-Grignon (INA-PG, AgroParisTech), spécialiste de la faim dans le monde, il est l'auteur d'un ouvrage intitulé « Histoire des agricultures du monde » dans lequel il décrit entre autre les mécanismes de sélection des plantes cultivées par l'homme.

  • François Thiboust

Directeur des Affaires Publiques de Bayer Cropsciences France, membre de l'Union Interprofessionnelle de la Protection des Plantes (UIPP). Bayer est une entreprise chimique qui fabrique également des OGM.

  • Fred Yodder

Agriculteur américain, producteur de maïs et responsable du syndicat des maïsiculteurs des Etats-Unis. Il explique le contexte de son pays et les raisons pour lesquelles il considère que les ogm sont une solution d'avenir dans le contexte actuel de la libéralisation des échanges internationaux.

Fiche technique

Titre : Qui parle de breveter le vivant ?

Durée : 36 minutes

Format : DV, 16/9

Réalisation: Honorine Perino
Image : Stéphane Crucciani
Musique : Djems Nzau

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